L’hypnose, c’est quoi 

Nous avons tous, plus ou moins en tête, une représentation de l’hypnose issue de spectacles ou toute droite sortie de films.

Si on se fie à cette image, il serait possible de faire à qui que ce soit ce que l’on veut… C’est à la fois vrai et faux !

En fait l’hypnose de spectacle, où l’on utilise des suggestions dites « directes », ne fonctionnerait que sur 8 à 12% de la population. Mais chacun est réceptif : il s’agit d’une capacité naturelle du cerveau. Nous entrons spontanément en transe plusieurs fois par jour, quand on regarde un film, qu’on lit un livre, que l’on conduit… et aussi toutes les 90 à110 minutes ! Liée au cycle ultradien, notre cerveau a régulièrement besoin de décrocher pour emmagasiner l’information et l’intégrer à notre histoire personnelle.

Cependant certaines personnes ont un tel besoin de contrôle qu’elles activeront parfois difficilement cette aptitude naturelle en consultation. Il s’agira alors au praticien en hypnose de favoriser l’engagement du client afin de faire émerger cet état.

Brèves origines du mot hypnose

Le mot « hypnose » n’apparaît qu’au début du 19ème siècle et, pourtant, les phénomènes de transes sont connus et utilisés depuis la nuit des temps. Induite par des chamanes, par une musique répétitive (dite « de transe ») ou étant relative à la prise de certaines substances, ses propriétés curatives sont bien antérieures à la pratique de l’hypnose.

Le terme hypnose est dérivé du mot « hùpnos » qui signifie « sommeil » en grec ancien. Cette origine étymologique est bien souvent à la base de malentendus néfastes à la pratique thérapeutique. Car, loin d’être dans un état passif, la personne expérimente de façon intense de nombreux processus inconscients !

Hypnose et manipulation

En hypnose on manipule des automatismes, des processus inconscients. Il s’agit de passer progressivement (la progression peut parfois être très rapide !) de processus volontaires à des automatismes. Pour ce faire,  on partira toujours de l’observation (de ce qui se passe chez le client) afin de ratifier et y lier des automatismes. « Observez, observez et observez», comme le disait Erickson, père de l’hypnose portant son nom : Tout part de là !

Mais alors, ratifier quoi ? Et puis, « ratifier » c’est quoi ?

Ratifier signifie « confirmer, formuler ce que l’on observe ». On pourra alors expliciter un effet automatique en cours (mouvement d’une main, d’un doigt, un changement de rythme respiratoire ou de battement des paupières…) ou un acte volontaire (attention portée par le regard, prise consciente d’une grande inspiration…) pour le lier à une suggestion que l’on souhaite voir se réaliser.

Ratifications et suggestions sont la base de l’hypnose 

Il y a beau avoir des milliers d’enregistrements mp3 ou de vidéos portant le nom d’hypnose, sans ratification, il n’y a tout simplement pas d’hypnose. Au mieux nous pouvons alors parler de sophrologie ou de séance de relaxation… Mais pas d’hypnose ! Car s’il n’y a pas de ratifications, il n’est pas possible d’y lier les suggestions de ce que l’on souhaite voir se réaliser !

Suggérer…Quoi et comment ?

Il est tout d’abord intéressant de faire une distinction entre « donner une instruction » et « faire une suggestion ».

Donner une instruction relèvera d’une réponse consciente et volontaire à ce qui est demandé.

Faire une suggestion sera réalisé lorsque l’on demande un effet relevant de l’automatisme. On liera ce qui existe (par une ratification) en y liant ce qui n’existe pas encore et qu’on souhaite voir se réaliser.

Les suggestions ne sont pas uniquement verbales, elles peuvent être infra-verbales ou paraverbales… Mais restons simples : Les suggestions permettent d’accéder et de modifier les processus inconscients, les automatismes d’une personne. C’est le principal moyen d’influence utilisé en hypnothérapie.

Influence et manipulation peuvent sembler être des synonymes… Et pourtant ! On parlera de manipulation lorsque certaines techniques auront pour objectif la prise de contrôle d’une personne et, inversement, d’influence lorsque des techniques seront utilisées pour permettre à une personne d’avancer, de la faire progresser.

Il existe bon nombre de types de suggestions. Mais celles-ci se divisent principalement en 2 catégories : Les suggestions directes et les suggestions indirectes.

En thérapie, les suggestions indirectes (aussi appelées « camouflées ») seront la plupart du temps privilégiées. En hypnose de spectacle, les suggestions directes (où l’on donne « des ordres ») seront mises en avant. Mais le but reste le même : accéder aux automatismes pour les stimuler pour pouvoir les utiliser !

L’imagination : le pont entre les automatismes et la volonté

Seule l’imagination peut activer des automatismes. La volonté, seule, ne le pourrait pas ! Imaginer ou interpréter relèvent, toutes deux, de l’imagination.

Quand nous passons dans l’imaginaire, nous disons que nous sommes « dissociés ». Quand nous sommes dans le mental, que nous analysons et interprétons, nous avons tendance à dire que nous sommes « associés ». En fait rien n’est plus faux car, que ce soit dans un cas ou dans l’autre, nous sommes déjà dissociés de la réalité : Dans un cas, on rêve, dans l’autre, on se la représente (et si on se représente la réalité, c’est qu’on n’y est pas vraiment présent !)

Si vous avez peur des araignées, il vous suffit de penser à elles (de vous les re-présenter) pour ressentir une sensation d’inconfort, qui peut se traduire par une augmentation de la sudation ou du rythme cardiaque (automatismes non activables par la volonté !). Il en est de même pour le vertige ou dans « la vie de tous les jours » et ce que nous nous suggérons sans en avoir conscience, à travers nos jugements et nos interprétations de la réalité… Et, tout ça, ce n’est pas lié avec une perspective rationalisée du monde !

En hypnose, par le biais de l’imagination, on va progressivement faire passer la personne du rôle d’acteur (côté volonté et instructions) à celui de spectateur (côté automatismes et suggestions). On dit alors qu’on « dépotentialise » le conscient : C’est-à-dire que l’on permet à l’activité du mental de diminuer afin d’accéder à des processus plus automatiques.

Le changement en hypnose

Savoir, apprendre, connaître est une bonne chose mais cela ne permet que difficilement le changement. C’est comme si une partie de la personne, malgré toute sa sagesse, la poussait dans une direction opposée et non désirée. L’exemple est flagrant en ce qui concerne la cigarette !

Pour modifier des automatismes non désirés (on parlera parfois de symptômes), il est nécessaire d’aller au-delà du mental, d’expérimenter vraiment. Et c’est ici que l’on retrouve la principale utilité de l’hypnose : dans sa capacité à faire expérimenter, à travers tous les sens et de manière émotionnelle un autre fonctionnement. Cela permettra à de nouvelles connexions de se faire dans le cerveau et, ainsi, changer pour de bon !

Pour plus d’informations, rendez-vous sur cette page !

A propos de percvrance

Artiste et entrepreneure de la Nouvelle-Calédonie

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